lundi 29 août 2016

Claude Entremont: Enfin identifié 74 ans apres la mort de Renée Puissant Van Cleef, mais aussi René Bousquet, colonel Marty, le colonel Labarthe, le Maréchal Pétain, Joseph Darnand, et beaucoup d'autres


Souvenez vous de cette lettre à en tête du ministère de l'intérieur, qui concernait Renée Rachel Puissant Van Cleef,  36 jours avant son "suicide"

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C'est la fille unique d'Alfred Van Cleef,  qui après  la mort de son père en 1938, devint la patronne de cette belle affaire de Joaillerie place Vendôme à Paris, et qui organisa la sauvegarde de cette affaire juive en réalisant  une aryanisation "bidon" pour échapper à la saisie par le régime de Pétain et les Allemands, ce qui avait sauvé l affaire.
 Elle avait essayé de s'enfuir, mais c'était trop tard  pour rejoindre le Portugal et elle revint vers Vichy ou elle possédait une succursale.
Magasin très bien situé a coté de l' entrée de l hôtel du Parc là ou résidait le Maréchal Pétain et le gouvernement.


Mal lui en prit, puisque le Maréchal Pétain ne voulait pas de magasins juifs sur le parcours de sa promenade journalière et son médecin-secrétaire  le docteur Menetrel  les fit tous fermer.    


Sur cette photo, le magasin de Vuitton, et plus haut celui de Van Cleef et Arpels, l'enseigne au dessus du magasin, sur le fronton a été enlevée, c'est maintenant le bureau de propagande du Maréchal.
Vuitton avait négocié pour rester en "vitrine" à l hotel du parc, il créa même une usine à Cusset (tout à coté de Vichy) pour fabriquer toutes sortes d'objets nécessaires au culte du Maréchal, dont le buste qui ornait toutes les mairies de France. Henry reçoit la francisque dès février 1942(francisque crée par Robert Ehret, avant guerre joaillier chez Van Cleef et ami de Alfred Van Cleef qui a du se retourner dans sa tombe ). Il devient un intime du colonel Bonhomme, homme de confiance de Pétain et participe officiellement au déplacement du Chef de l’Etat le 1er mai suivant, à l’occasion de la fête du Travail.
Henry Vuitton aurait entretenu de fortes amitiés avec les officiers de la Gestapo, obtenant de devenir l'un des rares industriels décorés par l'Allemagne nazie, en remerciement de sa loyauté.


Voici le Maréchal qui peut enfin se promener, les magasins juifs ont été fermés, le magasin Van Cleef et Arpels a été transformé en bureau de la propagande, la vitrine en fer forgé a été gardée et les lettres de l'enseigne ont été enlevées.

Renée Rachel Puissant Van Cleef habitait au "Majestic" jouxtant l hôtel du Parc, mais en 1942, au mois de novembre, les allemands avaient envahi la zone libre et il fallait faire de la place dans les deux hôtels alors on prépara à la va-vite une liste de gens à déplacer,  ou à "virer."


C'est une liste des clients sédentaires, c'est à dire ceux pour qui l'hôtel Majestic est devenu la résidence principale. C'est le cas de Renée Puissant Van Cleef qui d'après cette liste, occupe l'appartement 364.
Une note au commissaire divisionnaire, chef de la circonscription de Vichy nous fait savoir que le Capitaine Chavonin attaché au Cabinet de l'Amiral Platon, a déposé cette liste remise par le sieur ALETTI (propriétaire des hotels du Parc et Majestic) laissant sous entendre que Monsieur Aletti chercherait à se débarrasser de ces clients, ce qui est étonnant.
Et le 6/11/1942 une réponse manuscrite a en tête Ministère de l'intérieur, direction de la police Nationale:
"transmis pour enquête discrète sur les personnes mentionnées"


J ai donc bien étudié ces documents que les archives de l allier avaient retrouvés, mais les archives de l'Allier ne saisissaient pas le sens de ces documents.
J'ai donc grossi le document pour essayer de trouver le nom du commissaire divisionnaire, plusieurs possibilités, mais très vite,  il apparut qu'il s'agissait du commissaire divisionnaire chef de la circonscription de Police de  Vichy; Mr Claude Entremont.
Mais très peu de traces ont été laissées sur lui et son passé,  et récemment un mail d'une dame .

Au hasard de recherches sur le net, je suis arrivée sur votre blog concernant le livre de Vincent MEYLAN sur la famille VAN CLEEF et ARPELS.
Le paragraphe sur Claude ENTREMONT, commissaire divisionnaire à Vichy, a retenu toute mon attention : c'était le beau frère de mon arrière-grand mère.
Les descriptions de lui que j'ai pu entendre dans ma famille correspondent à la votre...
Savez vous qui a donné l'ordre à C.ENTREMONT de ne pas enquêter sur Renée PUISSANT VAN CLEEF ? 
Il se dit aussi à demi-mot, dans ma famille, que C.ENTREMONT était un coureur de jupons... Peut être n'a-t-il reçu d'ordre de personne ?...
Je me suis dit qu'une photo de lui pouvait éventuellement vous intéresser. Histoire de mettre un visage sur ce nom.
Je vous souhaite de bonnes recherches. Bonne continuation.

Coureur de jupons!!!Ce peut être une explication, cette dame de son prénom "Corinne", m'avait transmis deux photos, mais la meilleure était au dos signée par une agence, l'agence n'existe plus mais ses archives ont été reprises,j ai donc demandé a cette agence l' autorisation de la publier.


Sur la photo, a son revers une décoration: La Francisque

 Quelques jours plus tard j'ai reçu l autorisation de l agence Roger Violet qui a repris les fonds photographiques de  l'agence LAPI , je peux donc la publier .

 © LAPI / Roger-Viollet
Claude Entremont à son bureau de Vichy

C’était un poste important, délicat, aux ordres du gouvernement en place à Vichy.
ll débuta à Vichy comme commissaire spécial. C’est en 1942 que sa vie prit une tout autre tournure. ll fut nommé sur place chef de la circonscription de police de l'arrondissement de Vichy. Cela équivalait au grade de commissaire divisionnaire. Quelle promotion !
On ne peut pas dire que c’était une place de tout repos, car il était non seulement en rapport mais sous la surveillance de la Gestapo, de la Milice, sans compter le ministre de l'intérieur. Mais enfin, même s'il fit preuve d'une compétence certaine, c’était un avancement inhabituel. Aussi, on pouvait le soupçonner d'une certaine soumission au gouvernement d'alors et une adaptation a sa politique de collaboration.
Un jour, il aurait déclaré au commissaire Leluc : " ll faut suivre le président Laval et jouer la carte allemande.Voyez mon cas. j'étais simple commissaire et je suis divisionnaire, et tout indique que j'arriverai bientôt contrôleur général. »
I1 fut décrit, plus comme un opportuniste que comme un homme de conviction et comme un collaborateur. D’ailleurs, pour obtenir un tel poste, sur place, il fallait qu‘il ait donné des gages à la collaboration. De nombreux faits lui furent reprochés.

"Trois ans de prison pour Entremont, chef de la police à vichy Le 11 juillet 1945, la Cour de justice de l’Allier eut à juger Claude Entremont, qui fut commissaire de police de l’arrondissement de Vichy de 1942."

Qui était cet homme ?


1935 Le Matin

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1935 "Le Populaire"


1936 


1937 Il est nommé à Tiaret en Algérie, pour ceux qui ont la nostalgie de leur pays
Un très beau site de photos ....d'avant.  http://www.tiaret.biz/photos/


1937


1937


1938

1938

1940: Entremont est à Vichy, pour lui tout va changer, il est commissaire  principal de Police à Vichy, chargé de la sureté.


En partant de la gauche : René Bousquet, Darnand, deux hommes et Claude Entremont au fond, puis deux miliciens.

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Les mêmes avec en plus les camions neufs de la terrible milice, la photo date donc de 1943,

Car La Milice Française, souvent appelée simplement la Milice, était une organisation politique et paramilitaire française créée le 30 janvier 1943 par le régime de Vichy pour lutter contre la Résistance qualifiée de terroriste. Supplétifs de la Gestapo et des autres forces allemandes, les miliciens participèrent aussi à la traque des juifs des réfractaires au STO et de tous les déviants dénoncés par le régime de Vichy et les collaborateurs parisiens. C'était aussi la police politique et une force de maintien de l’ordre.
Le chef officiel de la Milice était Pierre Laval chef du gouvernement, mais le véritable responsable de ses opérations était son secrétaire général,Joseph Darnand fondateur duService d’Ordre Légionnaire (SOL), précurseur de la Milice française.
 "source Wikipédia "


René Bousquet 

René Bousquet, né le 11 mai 1909 à Montauban et mort assassiné le 8 juin 1993 à Paris,  haut fonctionnaire Français qui a été, sous le gouvernement de Pierre Laval durant l'occupation, secrétaire général de la police du régime de Vichy ceci du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943. À ce titre, il est l'organisateur de la rafle du Vélodrome d' Hiver du 16 juillet 1942, où plus de 13 000 Juifs sont arrêtés par la police française pour être remis aux autorités d'occupation qui en organisent la « déportation à l'Est » Il dirige également la police française aux côtés de l'occupant lors de la rafle de Marseille en janvier 1943. Cette rafle préparée par son cousin René Marty.
À la Libération, il parvient à passer à travers l'épuration  et peut faire, à partir des années 1950, une florissante carrière d'homme d'affaires et d'influence — il fait notamment partie des fréquentations de François Mitterand




Bousquet à droite sur la photo avec Pierre Laval qui lui attribua une « délégation générale et permanente à l'effet de signer au nom du Ministre Secrétaire d’État à l'Intérieur, à l'exclusion des décrets, tous actes, arrêtés ou décisions relatifs aux dites attributions » La photo est donc postérieure au mois d'avril 1942.


Les fidèles  du Maréchal défilent devant l'Hotel du Parc


Ce monsieur au centre est le Colonel  Pierre Labarthe
Cet officier est sorti de Saint-Cyr à 22 ans avec le grade de sous-lieutenant. La Première Guerre mondiale est déclenchée peu après sa première affectation au 18e régiment d'infanterie. Il est alors dirigé sans délai sur le front. Il y restera pendant toute la durée des hostilités, souvent dans les tranchées, en première ligne. Blessé à trois reprises, il obtiendra sept citations à l'ordre de l'armée, du corps d'armée et de la brigade. Son courage, sa bravoure, son énergie et ses qualités de meneur d'hommes sont remarquées par les autorités militaires qui lui décernent la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1915. Après 1918, et dans l'intervalle des deux guerres, il alterne entre diverses fonctions d'état-major, d'instructeur à Saint-Cyr et de chef de corps. Envoyé en Syrie, il se distinguera à la tête des 25e et 17 e régiments de tirailleurs algériens ; une citation à l'ordre de la le &vision de l'armée du Levant lui sera décernée, en même temps qu'il sera fait officier de la Légion d'honneur. En 1939, au déclenchement des hostilités, il est lieutenant-colonel. Fait prisonnier en mai 1940 et transféré en Allemagne, il est rapidement libéré au titre de rapatrié sanitaire. Le 12 juin 1941 il est fait commandeur de la Légion d'honneur, en reconnaissance de sa combativité lors d'une contre-attaque improvisée dans les tout premiers jours de la guerre de mouvement engagée par l'Allemagne. Placé en congé d'armistice et promu colonel dans le même temps, il est affecté au secrétariat d'Etat à l'Education nationale et à la Jeunesse. Le 19 avril 1943, il est nommé directeur des G.M.R. et général de brigade le 20 novembre suivant. A la fin de la guerre, il sera révoqué sans pension, mais rétabli dans ses droits par décret du 6 juin 1946, avec le grade de colonel. (biographie tirée du livre d' Yves Mathieu "Policiers Perdus...") 
 


Joseph Darnand

Ancien combattant de la Grande Guerre et de 1939-1940, militant d'extrême droite dans l'entre deux guerres, soutien actif et précoce du Maréchal Pétain et du régime de Vichy, il choisit ensuite la voie d'une totale collaboration avec l'occupant nazi. Il devint ainsi membre honoraire de la SS en 1943. Son principal rôle historique fut d'être le fondateur et dirigeant de la Milice Française organisation paramilitaire de type faciste,  supplétive de laGestapo et chargée de la traque des résistants des Juifs et des réfractaires au STO.*
Les exactions de ses hommes, concentrées principalement au sud du tracé de la ligne de démarcation, valurent à Darnand d'être considéré comme l'une des personnalités les plus jusqu'au-boutistes de la collaboration. Il fut condamné à mort et exécuté après la Libération. " Wikipédia"

*Le service du travail obligatoire (STO) fut, durant l’Occupation de la France par l’Allemagne nazie, la réquisition et le transfert vers l’Allemagne de centaines de milliers de travailleurs français contre leur gré, afin de participer à l’effort de guerre allemand.



Il semblerait que cette photo et la suivante datent de 1944 et j ai retrouvé un article du JDDPL Journal des débats

 Ramenées à Vichy, les dépouilles mortelles des trois représentants de l'ordre étaient exposées depuis la veille dans une chapelle ardente dressée au seuil de leur cantonnement et ornée de draperies funèbres et de drapeaux tricolores. Quelques instants avant )a levée des corps, le président Laval, accompagné de M. Joseph Darnand, vient s'incliner devant les trois cercueils.
Précédés d'un peloton de police montée, de la fanfare de la musique de la police nationale, les chars mortuaires, conduits par le clergé, s'acheminent bientôt, au son d'une marche funèbre, vers l'église Saint-Louis.
Ils sont suivis des familles, puis d'une délégation du G M.R. du Bourbonnais ayant à sa tête le général Labarthe, directeur des G.M.R. qu'accompagne M. Entremont, directeur de la police d'Etat de Vichy. Les honneurs sont rendus, sur le parvis, par un escadron de gardes, un peloton de gendarmerie et une délégation du corps urbain de Vichy





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Joseph Darnand

Darnand et sa milice


La foule massée dans l attente de voir le Maréchal


Entremont au milieu des personnalités

Pierre Laval




Claude Entremont à son Bureau à Vichy, la Francisque est à sa boutonnière





Qui est cet homme décoré par Claude Entremont


Le même remis sur pied


Et décoré


Claude Entremont et des collègues


A gauche Claude Entremont avec un pantalon rayé du premier chic, et le général Labarthe au centre passant en revue ses troupes


A gauche Entremont mais à droite? qui?


Claude Entremont au milieu des personnalités


Claude Entremont à la gauche du Général Labarthe




1942


Jean Desbordes le cite dans son livre  "Vichy Capitale à l heure Allemande " aux éditions Godefroy de Bouillon.

Claude Entremont est mort, mais il avait gardé des photos de l'époque ou il était à Vichy, photos de lui et de ses amis , certaines photos étant marquées au dos FRANCE PRESSE VOIR - Production 254 rue de la Laurre - Vichy - téléphone 30-87 Administration 4 rue Villeroy - LYON - téléphone Monocy 25-51 à 60 - 15, j ai demandé l autorisation de les publier, et j attends cette autorisation.




Au centre le Général Labarthe, à droite Claude Entremont avec le costume clair.



A droite Claude Entremont, qui sont les deux autres  personnes?


Remise de fanion par le Maréchal


An centre Pétain


L' hotel du Parc et Majestic, siège du gouvernement



Quel Village?


Si un lecteur peut m indiquer qui sont ces policiers?




Le Maréchal reçoit une délégation de jeunes filles de Moulins


François Darlan le 22 septembre 1941


Monuments aux morts de Vichy


Desormais figurent aussi sur le monuments aux morts de Vichy, les noms des résistants morts pour la France cliché des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier




Pierre Laval et Joseph Darnand


Distraction à Vichy, les Courses Hippiques. A la droite du Maréchal, le Général Noguès En 1942, il estrésident général de la France au Maroc, sous l'autorité du général Juin, commandant en chef des forces françaises d’Afique Française du Nord de 1939 à 1943 et a sa droite Mr Leroy Ladurie: Leroy Ladurie  a été un des fondateurs du syndicalisme agricole, ministre du ravitaillement sous le régime de Vichy en 1942 et puis résistant et maquisard a partir de 1943. Il avait rencontré le Maréchal Pétain, ancien camarade de promotion de son père, qui, dès 1940, lui propose le ministre del'agriculture Après un premier refus, lié à la question du ravitaillement, il accepte de devenir ministre de l'agriculture


Plaque officielle du SCP à Vichy


Le Maréchal reçoit les délégués de la Croix Rouge


Le petit homme en manteau avec un chapeau est le fameux Colonel Marty


Encore lui sans chapeau, cet homme ...le colonel René Marty, était le cousin de René Bousquet, il eut rang de Préfet sous Vichy et fut entre autres le secrétaire personnel de son cousin Bousquet. lire : https://histoiredesvancleefetdesarpels.blogspot.fr/2013/07/le-colonel-rene-marty-et-les-arpels.html


Cette photo de presse n'est pas nette , mais on reconnait le Colonel Marty derriere René Bousquet et Pierre Laval, cet homme qui participa à l' organisation des rafles du Vel D Hiv et de Marseille fin janvier 1943 enverra "Pierre Aviron Violet", polytechnicien, en éclaireur pour superviser la logistique de la Rafle de Marseille (Pascale Froment dans son livre sur Bousquet chez Stock)
. Pourtant après guerre et un court internement, René Marty sera engagé par les Arpels au 22 place Vendôme qui  étaient juifs, au 22 place Vendôme. Que lui devaient-ils?


Marty


Marty


Marty


Marty


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Un "lacher " d'enfants sur le Maréchal, a l'attention des photographes de Presse, remarquez le coquet costume du Maréchal


Le Maréchal saluant de sa fenêtre de l Hotel du Parc, ce n est pas son bureau, qui lui, se situait dans l angle de l'immeuble. Son Bureau en tant que meuble a été vendu aux enchères en 2009:
Le bureau en acajou et placage acajou, au cuir vert, est orné de bronze sur ses pattes. Il est de style Empire, daté de 1880-1900, de même que le fauteuil et les deux bibliothèques qui constituaient le lot. "Il appartenait à une famille juive de Strasbourg qui possédait une résidence secondaire à Vichy. Ils l'ont acheté en 1938 à un antiquaire de la ville, en lui demandant de le conserver jusqu'à l'année suivante. Or, la famille n'a jamais pu revenir à Vichy", a expliqué Me Anne Morel, commissaire-priseur.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/18/le-bureau-de-petain-vendu-aux-encheres-a-une-association-de-defense-du-marechal_1255505_3224.html
Délégation du personnel d'un atelier de fourrures


Le Maréchal reçoit une délégation d étudiants de la ville d Amiens
A propos de son Bureau....Le Maréchal occupait 3 chambres et un bureau (le 124) et avait son médecin particulier à proximité. Sa femme logeait tout à côté à l’Hôtel Majestic. Rappelons que la présence allemande jusqu’en fin 42 fut rare dans la ville. Il n’y avait pas de Kommandantur : les français présents faisaient excellemment leur travail. On voyait déambuler dans cette rue du Parc (anciennement Rue du Maréchal) les Xavier Vallat, les Darquier de Pellepoix, antisémites notoires, habitués de l’Hôtel Algéria tout proche (on mettait la TSF à fond pour couvrir les tortures), Pierre Laval en chemise blanche, Philippe Henriot la Voix de la Collaboration, Joseph Darnand qui organisa la Milice, la comédienne Danielle Darrieux et autres célébrités. Le dimanche, le Maréchal, très applaudi par les enfants, traversait le Parc pour se rendre à 11 heures à la messe dominicale. L’atmosphère était à la bondieuserie. Les partouzes se passaient hors la ville dans les petits châteaux des environs.






Toujours des enfants sur le parcours de Philippe Pétain, et pourtant, Philippe Pétain avait en horreur la famille. Marié sur le tard à une divorcée, cet homme à femmes ne voulut jamais d'enfants. Le même Pétain exaltera, sous Vichy, le foyer et les vertus domestiques


A gauche; l' Amiral François Darlan, commandant en chef des forces de Vichy,  à droite Pierre Laval, la photo est donc antérieure à son assassinat  le 24 décembre 1942


Le Maréchal assiste au lever des couleurs


Les quêteuses du secours national

Stand de la légion Française des combattants

La Légion française des combattants (LFC) est une organisation née de la fusion par le régime de Vichy de toutes les associations d'anciens combattants décidée par la loi du 29 août 1940par le maréchal Pétain sur proposition de Xavier Vallat  L’Etat Français lui assigne comme mission de « régénérer la Nation, par la vertu de l’exemple du sacrifice de 1914-1918 ». Son siège se trouve à l'hôtel de Séville, boulevard de Russie, à Vichy.Toutes les associations d'anciens combattants sont dissoutes, mais tous leurs membres ne rejoignent pas pour autant la Légion. C'était une organistion importante (Wikipedia)


Sur la photo de Claude Entremont à son bureau, vous aviez pu remarquer le nécessaire de Bureau aux armes de la légion Française des Combattants, voici la photo actuelle de ce nécessaire avec le fameux cachet qui se trouvait sur le document concernant Rénée Puissant Van Cleef. (Merci à sa famille de me l'avoir communiquée)



1942 dans "Le Nouvelliste"

Pour moi, c'est une grande part dans l explication du suicide de Renée Rachel Puissant Van Cleef, ses parents étaient juifs, une réussite merveilleuse dans la joaillerie, elle était fille unique adulée par ses parents et surtout son père.
Elle faisait partie du "Tout Paris", brutalement tout s'écroule, les vexations s'enchaînent, elle est seule à Vichy, des amis juifs ont disparu, on la change d' hôtel et en même temps on annonce que tous les juifs doivent se présenter à la brigade des questions juives pour se voir apposer sur tous ses papiers la mention "juif" une vexation de trop
Une autre version m'a été confiée, le 12-12-1942, des allemands accompagnés de français sont venus la chercher, elle s'est jetée par la fenêtre du troisième étage


1943


1944

1944 le 2-04 dans l écho de Nancy
VICHY, 14 avril. Le G. M. R. Bourbonnais, qui s'est distingué l'hiver dernier dans la lutte contre le terrorisme en Corrèze, a été ce matin à l'honneur. Au cours d'une émouvante prise d'armes, et en présence de M. Joseph Darnand, secrétaire général au Maintien de l'ordre, les aiguillettes d'or, attestant l'héroïsme de ses gardiens, ont été accrochées à son fanion. La cérémonie s'est déroulée devant le monument aux morts. M. Joseph Darnand était entouré de M. André Parmentier, directeur général de la police nationale du général Labartlïe, commandant les G. M, G) des généraux Pierre, commandant la garde, et Martin, directeur général de la gendarmerie, ainsi que de MM. Guillaume, sous-préfet de Vichy, et Entremont, commissaire divisionnaire, chef de la police d'Etat à Vichy.

Dans le journal "Le Matin" du 15-04-1944

Je demandais donc à mon interlocutrice   "Corinne " si Mr Entremont avait laissé des mémoires ou j aurais pu comprendre ce suicide? mais rien car elle n'a pas eu entre ses mains le carnet de 1942.
En ce qui concerne les archives d'Entremont, à notre connaissance, il n'a pas écrit ses mémoires. Mais ce dont on est sûr, c'est que les papiers de son procès ont bien été en possession de mon arrière-grande-tante. Mais au décès de celle-ci, ils avaient disparus. On ne sait pas où ils sont passés. Décidément...


"Corinne" m'adressa aussi une photo de ses carnets
Egalement en pièces jointes, je vous envoie 2 pages d'un carnet qui se trouvait avec ces photos. Il date de 1941 et est écrit de la main d'Entremont. Le carnet de contient rien de bien intéressant : quelques numéros de rapports d'enquêtes de cette année là... 
Par contre, sur une de ces pages, vous trouverez les dates précises des promotions, dont une rétroactive sur 7 ans ! Je ne sais pas si cela se pratiquait régulièrement à l'époque, mais si ce n'est pas le cas, ça correspond à ce qu'écrit Jean Débordes... 



Les notes du Préfet sont excellentes,  de devait être un très bon fonctionnaire, peut etre un peu opportuniste comme beaucoup de ceux qui veulent avancer dans la fonction publique, il n'a pas pris le bon chemin, mais il est resté jusqu'au bout.
La consultation de ses carnets devrait apporter des précisions à certains historiens, à condition que soient publiés les dossiers de police de Vichy!!!
Mais il est possible de trouver des choses interessantes


Ilnote s'être rendu à Gannat , il joint toujours sa note de frais J ai cherché qui était Mr Happart pendant la guerre c'est inscrit dans son carnet de 1941, c'était le patron cuisinier de l hotel de l'agriculture, j ai fini par trouver une carte postale 


De nos jours il n'a pas tellement changé, quand je passerais a Gannat , je m y arrêterais. 

Que dire de cette époque "Quelle époque"de collabos gangsters et autres quelques exemples très variés comme Abel Danos
Membre du "Milieu", Abel Danos fut employé, en une seule occasion, au cambriolage de bureaux , pour le compte de Paul Paillole ( officier de renseignement français. Paillole anime, de l’automne 1940 à août 1942, depuis Marseille, un service de lutte contre les services ennemis et les "agents de l'étranger", surnommé « la Centrale » ou « Cambronne »Pillole renonce bientôt à utiliser ce truand. Arrêté et inculpé suite à des délits de droits communs, Abel Danos  propose ses services à la police allemande.
Il fut de 1941 à 1944 un des bourreaux de la Gestapo Française, menée par Henri Lafont et Pierre Bonny, et autrement appelée "la Carlingue", qui se livrait à des actes de collaboration active tout en s'enrichissant.
J ai vu le dossier de Bonny Lafont aux archives nationales, il manque des pièces!!!
Abel Danos fut sous-officier dans la Légion Nord Africaine créée au début de l’année 1944 par Henri Lafont.Il sera fusillé pour collaboration en 1952
Il reste une figure de cette période trouble de l'Occupation durant laquelle le milieu jouait sur les deux tableaux (gangstérisme et collaboration). Wikipédia


Que dire de ce prètre qui se fisait  se faisait appeler "Monseigneur" alors qu'il ne l'était pas, il est ici en photo en couverture du journal allemand "Signal" en uniforme allemand.
Jean de Mayol de Lupé1873-1955 est un prètre catholique Français Il fut l'aumônier militaire de la légion des volontaires Français puis de la Division SS Charlemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu'il prête serment à la Division Charlemagne, il célèbre la messe et dédie son homélie à « Notre très saint père le Pape et notre Führer Adolf Hitler ».
Si la presse de Vichy le signalait comme un héros, heureusement , d'autres peu nombreux  le "Courrier français du témoignage chrétien  lien du Front de résistance spirituelle contre l'hitlérisme" en 1943 ecrivait :

Nous n'avons ni le goût ni le loisir de relever les provocations hebdomadaires de "La Gerbe", pas plus que celles du "Pilori", de "l'Appel", de "Je suis partout", etc... Nous voulons cependant nous faire l'écho du scandale soulevé par la réclame tapageuse orchestrée autour de la personne de Mgr Jean de Mayol de Lupé  Un exemple entre autres, cet entrefilet de La Gerbe du 1er juillet 1943 :

« Sous la bannière du Christ, le 4 juin 1942, à 11 heures du matin, sur le « front de l'Est, entre Pawlovu et Gaïachinot, un petit détachement de volontaires français était surpris par 150 partisans soviétiques. Parmi ces légionnaires, Mgr Jean de Mayol de Lupé prit immédiatement un fusil mitrailleur  et réussit à dégager le petit groupe.
C'est le même homme qui, lundi, à la salle Wagram, a magnifié l'héroïsme de nos combattants de l'Est au cours de l'importante et émouvante manifestation qui s'est déroulée sous la présidence de M P. Chack.
— Le monde doit choisir, a déclaré Mgr de Mayol de Lupé, entre les forces infernales incarnées par le bolchevisme et la civilisation chrétienne.
Puis il a montré le rôle du légionnaire et sa mission spéciale.
La vignette nous présente la silhouette du vaillant aumônier mitrailleur en uniforme d'officier allemand, avec le mot France sur l'épaule et la croix au côté
L'abbé Jean de Mayol de Lupé, malgré son titre de prélat, n'est pas l'Eglise de France. Si sa vocation particulière est de faire le coup de feu sur le front russe, qu'il épargne du moins aux Parisiens le scandale de sa présence en tenue allemande sur la tombe du soldat inconnu.
Les Français qui ne ferment pas délibérément les yeux aux provocantes « Actualités » du cinéma, pourront du moins siffler, comme il le mérite, le déplaisante apparition sur l'écran de cet agent de l'Allemagne nazie.


Des opportunistes comme Maud de Belleroche , c'est évidemment un nom fabriqué, elle est née le 26 aout 1922 à Paris avec l identité de Madelaine Sacquard.

Maud de Belleroche dans un de ses films erotiques en 1968


Elle devint la maitresse de Jean Luchaire alors qu'elle était encore étudiante et par là même une personnalité mondaine de la collaboration. Acquise aux thèses facistes, elle part en exil en Allemagne , en Italie puis en Espagne et en argentine
Babelio ecrit: Maud de Belleroche, née Sacquard, fut la jeune épouse d’un Ambassadeur de la Commission gouvernementale française, invitant Mussolini à sa table, qui connut tous les grands noms de la Collaboration intellectuelle, de Jean Luchaire dont elle fut éperdument amoureuse, à Robert Brasillach, Drieu la Rochelle ou Céline qui furent tous sous son charme. Elle aurait inspiré le personnage de Mlle de Chamarande dans Nord de Céline.
Bachelière à 16 ans, elle fit des études de pharmacie puis de droit.
Elle fut une sportive de haut niveau, dans les domaines du patinage sur glace, de la plongée sous-marine, de l'équitation et du ski. Elle fut mariée avec le pharmacien Dacquin, puis avec Georges Guilbaud, directeur de l'Echo de la France fin 1943, et enfin avec le baron de Belleroche. 
Maud de Belleroche fut journaliste, traductrice de dialogues de films, collaboratrice de nombreuses émissions radios (Notamment Les Grosses Têtes), mais surtout elle assura plus de deux mille conférences en France (salle Pleyel), Belgique, Suisse, Grande-Bretagne, Irlande, Espagne, Afrique noire, Algérie, Tunisie, Maroc, etc. Elle est l’auteur de plus d’une douzaine de livres dont le best-seller L’Ordinatrice, traduit en sept langues et Le ballet des crabes, souvenirs de sa vie. Elle fut couronnée par l’Académie française du prix Broquette-Gonin en 1960.
Comme beaucoup, elle s'en est bien sortie

Son premier??? amant était  Jean Luchaire il fut un journaliste et patron de presse français, né le 21 juillet 1901 à Sienne et mort fusillé le 22 février 1946 au fort de Châtillon. Son nom reste associé à la politique collaborationniste en raison de son rôle sous l'Occupation.



Jean Luchaire avait une fille , actrice célèbre avant guerre et wikipédia nous renseigne sur elle .
Sous l'occupation , elle profite de la position et des relations de son père pour mener, durant ses séjours à Paris, une vie mondaine et insouciante. Elle se marie, le 27 décembre 1941 à Megève, avec Guy de Voisins-Lavernière , qu'elle quitte un mois après. Elle fait une tentative de suicide à la fin d'une liaison avec le champion de ski Emile Allais Elle a ensuite une relation avec un officier allemand, le capitaine de la Luftwaffe  Wolrad Gerlach, avec lequel elle a une fille Brigitte, née le 10 mai 1944, déclarée sous le nom de Luchaire. Après une nouvelle tentative de suicide (elle avait de nombreux amis juifs notamment Simone Signoret  avec qui elle était allée en classe auparavant, un temps secrétaire de son père, et des amis résistants), Corinne suivra sa famille à Sigmaringen, puis, en Italie, où elle est arrêtée à Mérano avec son père. Elle est transférée avec lui à fresnes, et sera libérée quelques jours après l'exécution de Pierre Laval En 1946, bien que n'ayant eu aucune activité politique, elle est condamnée à dix ans d'indignité nationale.
Avant sa mort prématurée due à la tuberculose en 1950, elle a publié un ouvrage autobiographique (Ma drôle de vie, 1949) qui constitue un document intéressant sur sa situation de fille d'une personnalité influente de la collaboration.

Oui ce fut une drôle d époque,  certains ont pris parti , défendre leur pays envahi, leurs idées, mais la plupart ont eu peur et n'ont été que des spectateurs du conflit.
Certains vivaient dans la peur, le manque de tout, d'autres dans une facilité apportée par les combines, les bonnes places ou planques, la carrière qui continuait. Les acteurs, chanteurs,le monde du spectacle ont collaboré, la police aussi, de même que les politiques, que dire d'un Mitterand  qui entra dans le régime de Vichy et en ressortit en 1943 a temps, ce fut aussi un cas a part, puisqu'il n'a jamais renié la conduite de certains amis comme Bousquet.
Claude Entremont a vécu cette période sans peut être s'apercevoir qu'il se rendait complice de l'ordre voulu par de plus hauts placés. Son arrière petite nièce m'a fait part d une réflexion significative.
Quant à la prison qu'Entremont a fait, ce n'est surement pas pour rien, comme vous dites. Mais il devait quand même être débrouillard, car d'autres y ont carrément laissé leur peau ! 
Plus tard, mais je ne sais pas à partir de quelle période, il a travaillé dans les bureaux de l'usine de mon arrière grand père qui tenait une fabrique de plombs à sceller à Vaise (Lyon). Il a ensuite été à la retraite. Il a fini par perdre la tête et ma mère se souvient encore qu'il répétait toujours que De Gaulle lui avait volé ses médailles... Il est décédé à 85 ans, en 1975.


Ce fut un drame, le drame français, qui dura 4 années.

"Corinne" son arrière petite nièce, que je remercie chaleureusement, ajoutait dans un mail
Comme vous le dites, c'est en continuant à chercher et à trouver bribe par bribe qu'on arrive à reformer une partie du puzzle de l'Histoire. J'ai quand même bien peur qu'avec le temps qui passe, certains morceaux se perdent à jamais...


Renée Rachel Puissant Van Cleef, trois semaines avant sa mort.
Photo sous copyright  JJ Richard


Si vous avez des compléments, si vous reconnaissez des personnages, si vous avez des photos, des documents, bien qu'en apparence les archives des années "Vichy " aient disparues, n'hésitez pas , écrivez moi.



Pour mieux comprendre:

Le Festin des loups. Collabos, profiteurs et opportunistes sous l'Occupation, par David Alliot. Librairie Vuibert, 280p., 19,90€.
Pétain, par Bénédicte Vergez-Chaignon. Perrin, 1040p., 29€.